Tempête ou catastrophe naturelle : déclaration et indemnisation d'un hébergeur
9 min de lecture · Publié le 19 août 2026
Deux régimes coexistent et se confondent souvent. La garantie tempête figure dans la plupart des contrats multirisques et joue sans formalité particulière. Le régime catastrophe naturelle ne s'ouvre qu'après publication d'un arrêté interministériel au Journal officiel ; le sinistre se déclare alors dans les trente jours suivant cette publication, avec une franchise légale non rachetable. (Cadre vérifié en août 2026.)
1. Distinguer les deux régimes
| Garantie tempête | Régime catastrophe naturelle | |
|---|---|---|
| Déclenchement | Contractuel, sans formalité | Arrêté publié au Journal officiel |
| Événements visés | Vent, parfois grêle et neige | Inondation, sécheresse, mouvement de terrain… |
| Délai de déclaration | Celui de votre contrat, souvent 5 jours | 30 jours après publication de l'arrêté |
| Franchise | Contractuelle | Légale, non rachetable |
La garantie catastrophe naturelle est incluse d'office dès lors que votre contrat comporte une garantie incendie ou dégât des eaux : vous n'avez pas à la souscrire séparément. En revanche, elle ne s'active jamais sans arrêté.
2. Les franchises légales
Elles sont fixées par la réglementation, et votre assureur ne peut pas les racheter :
- 380 € pour les biens à usage non professionnel, sur la plupart des aléas dont les inondations
- 1 520 € lorsque le dommage résulte d'un mouvement de terrain consécutif à la sécheresse ou à la réhydratation des sols
Point de vigilance propre aux hébergeurs : ces montants visent les biens à usage non professionnel. Un gîte exploité comme activité peut relever d'un régime différent, avec une franchise calculée autrement. Faites préciser par votre assureur le régime exact applicable à votre bien — c'est une question à poser avant le sinistre, pas après.
3. Vérifier si un arrêté vous concerne
L'arrêté liste les communes reconnues et les périodes couvertes. Deux conditions doivent être réunies : votre commune doit y figurer, et la date du sinistre doit tomber dans la période visée.
La publication intervient souvent plusieurs semaines après l'événement. Trois réflexes en attendant :
- Déclarer immédiatement au titre des garanties classiques — tempête notamment — sans attendre un éventuel arrêté
- Surveiller les publications concernant votre commune, via la mairie ou la préfecture
- Conserver toutes les preuves dès le jour du sinistre, l'arrêté pouvant arriver bien après le nettoyage
4. Les délais de versement
Une fois le dossier accepté, l'assureur verse une provision dans les deux mois et l'indemnité dans les trois mois. Ces échéances courent à partir de la remise de l'état estimatif des dommages, pas de la date du sinistre — d'où l'intérêt de transmettre un dossier complet rapidement plutôt qu'un dossier parfait tardivement.
5. La question qui fâche : les séjours annulés
L'indemnisation couvre les dommages matériels au bien. Elle ne couvre pas, sauf garantie spécifique de pertes d'exploitation, le chiffre d'affaires des semaines annulées pendant les travaux.
Pour un hébergement de groupe, où une semaine d'été représente plusieurs milliers d'euros, cet écart est le vrai enjeu financier. Deux points à examiner avec votre assureur, à froid :
- Une garantie pertes d'exploitation existe-t-elle dans votre contrat, et à quelles conditions se déclenche-t-elle ?
- Quelle durée d'indisponibilité est couverte, et à partir de quel délai de carence ?
C'est le poste qui distingue un contrat d'habitation étendu d'un vrai contrat d'activité d'accueil.
6. Prévenir les groupes déjà réservés
Un sinistre qui rend la maison indisponible vous oblige à annuler des séjours confirmés. La situation relève en principe de la force majeure quand l'événement est imprévisible et irrésistible, mais ne vous dispense pas de restituer les sommes versées pour un séjour qui n'aura pas lieu.
Trois gestes limitent la casse relationnelle :
- Prévenir le plus tôt possible, même sans certitude sur la durée des travaux : un groupe averti deux mois avant se réorganise, averti une semaine avant il subit
- Restituer promptement acomptes et arrhes, sans attendre votre propre indemnisation
- Orienter vers un confrère de capacité comparable quand c'est possible — le geste se retient et se rend
7. Ce qui se prépare avant la saison
Deux vérifications annuelles, à faire hors période de sinistre :
L'état de la toiture et des évacuations. Gouttières obstruées et tuiles descellées transforment un coup de vent ordinaire en dégât des eaux généralisé, et un défaut d'entretien manifeste fragilise votre position face à l'assureur.
L'inventaire photographique du mobilier. Quelques dizaines de photos par pièce, datées et stockées hors du site, transforment une déclaration approximative en dossier chiffré. C'est l'heure la mieux investie de l'année quand un sinistre survient.
8. Ce que couvre réellement la garantie tempête
Elle indemnise les dommages causés par le vent au bâtiment et, par ricochet, ceux résultant de sa destruction — une toiture arrachée puis la pluie qui s'engouffre. Deux limites reviennent régulièrement dans les contrats et méritent d'être vérifiées avant la saison :
- Les clôtures, portails et arbres sont fréquemment exclus ou plafonnés, alors qu'ils constituent une part visible des dégâts sur une propriété étendue
- Les bâtiments annexes — abris de jardin, préaux, pool house — relèvent parfois de conditions distinctes du bâtiment principal
Pour un gîte de groupe, dont l'attrait repose souvent sur un parc, une piscine et des dépendances, cet écart n'est pas anecdotique. La question à poser à votre assureur est simple : la garantie couvre-t-elle l'ensemble des éléments qui figurent sur les photos de mon annonce ?
9. Le mois qui suit
Une fois la déclaration faite, trois actions gardent le dossier sous contrôle :
Conserver les biens endommagés jusqu'au passage de l'expert, ou à défaut les photographier sous plusieurs angles avant de les évacuer. Un mobilier jeté trop vite devient un dommage non prouvé.
Faire chiffrer les réparations par un professionnel plutôt que d'avancer une estimation personnelle : un devis pèse davantage qu'un montant annoncé.
Ne pas engager de travaux définitifs avant l'expertise, hormis les mesures conservatoires destinées à éviter l'aggravation — bâcher une toiture, étayer, couper une alimentation.
Checklist catastrophe naturelle
- Distinction faite entre garantie tempête (contractuelle) et régime CatNat (arrêté requis)
- Déclaration immédiate au titre des garanties classiques, sans attendre l'arrêté
- Publication de l'arrêté surveillée pour votre commune
- Déclaration CatNat faite dans les 30 jours suivant la publication au Journal officiel
- Régime de franchise applicable à un bien d'exploitation clarifié avec l'assureur
- Existence d'une garantie pertes d'exploitation vérifiée avant la saison
- Preuves conservées dès le jour du sinistre, avant nettoyage
- Groupes réservés prévenus tôt, acomptes restitués sans attendre votre indemnisation
- Inventaire photographique du mobilier stocké hors du site
Informations vérifiées en août 2026. Franchises et modalités évoluent : votre assureur et la préfecture restent les interlocuteurs de référence.
→ Référencer votre gîte de groupe sur MaxiGîte : inscription gratuite, sans commission.
Questions fréquentes
Quel délai pour déclarer un sinistre catastrophe naturelle ?
Trente jours à compter de la publication de l'arrêté au Journal officiel, et non de la date du sinistre lui-même.
Faut-il souscrire la garantie catastrophe naturelle ?
Non, elle est incluse d'office dès lors que votre contrat comporte une garantie incendie ou dégât des eaux. Elle ne s'active toutefois jamais sans arrêté.
Quelle est la franchise légale en catastrophe naturelle ?
380 € pour les biens à usage non professionnel sur la plupart des aléas, et 1 520 € pour un mouvement de terrain lié à la sécheresse. Ces franchises ne sont pas rachetables.
Cette franchise s'applique-t-elle à un gîte ?
À vérifier avec votre assureur : ces montants visent les biens à usage non professionnel, et un gîte exploité comme activité peut relever d'un régime différent.
Quelle différence entre garantie tempête et catastrophe naturelle ?
La garantie tempête est contractuelle et joue sans formalité. Le régime catastrophe naturelle suppose un arrêté interministériel publié au Journal officiel.
Que faire en attendant la publication d'un arrêté ?
Déclarer immédiatement au titre des garanties classiques, surveiller les publications concernant votre commune, et conserver toutes les preuves dès le jour du sinistre.
Sous quel délai l'assureur verse-t-il l'indemnité ?
Une provision dans les deux mois et l'indemnité dans les trois mois, à compter de la remise de l'état estimatif des dommages.
Les séjours annulés sont-ils indemnisés ?
Pas au titre des dommages matériels. Seule une garantie pertes d'exploitation, si votre contrat en comporte une, couvre le chiffre d'affaires des semaines perdues.
Dois-je rembourser un groupe si le gîte devient indisponible ?
Les sommes versées pour un séjour qui n'aura pas lieu doivent être restituées, même lorsque l'événement relève de la force majeure. Restituez sans attendre votre propre indemnisation.
Un défaut d'entretien peut-il réduire mon indemnisation ?
Une toiture ou des évacuations manifestement mal entretenues fragilisent votre position : la vérification annuelle relève de l'entretien normal attendu d'un exploitant.
Vous possédez un gîte de groupe ?
Référencez-le gratuitement sur MaxiGîte et recevez des demandes de devis directement — sans commission.
À lire aussi
État des lieux et caution en gîte de groupe : le cadre
Caution et état des lieux en gîte de groupe : cadre juridique de la location saisonnière, montant d'usage, restitution, et méthode adaptée aux grands effectifs.
8 min de lecture
Coupure d'électricité de plus de 5 h : indemnisation et démarches Enedis
Coupure de courant prolongée dans un gîte : le barème d'indemnisation Enedis, le numéro de dépannage et ce que vous devez réellement au groupe déjà présent.
9 min de lecture
Dégât des eaux dans un gîte occupé : procédure et responsabilités
Fuite pendant un séjour de groupe : le délai de cinq jours, la convention IRSI, la recherche de fuite prise en charge et le partage exact des responsabilités.
9 min de lecture