Taxe de séjour : ce que doit collecter un propriétaire de gîte de groupe
10 min de lecture · Publié le 3 juillet 2026
La taxe de séjour n'est ni une recette ni une charge pour vous : vous la collectez auprès des voyageurs et la reversez intégralement à la commune. Mais sur un gîte de groupe, les montants deviennent vite significatifs — trente personnes sur trois nuits, c'est plusieurs centaines d'euros à percevoir, calculer et reverser correctement.
Deux régimes coexistent. Un meublé classé relève d'un tarif forfaitaire par étoile, exprimé en euros par adulte et par nuit. Un meublé non classé relève d'un pourcentage compris entre 1 % et 5 % du prix de la nuitée hors taxes par personne, plafonné au tarif le plus élevé voté par la collectivité.
Le barème 2026
Le barème a été revalorisé de 1,8 % pour 2026, conformément au mécanisme d'actualisation prévu par le code général des collectivités territoriales. Chaque conseil municipal fixe ensuite son propre tarif à l'intérieur des fourchettes légales.
| Situation | Mode de calcul |
|---|---|
| Meublé classé | Tarif forfaitaire par étoile, par adulte et par nuit — de 0,20 € à 4,90 € selon la catégorie |
| Meublé non classé | 1 % à 5 % du prix de la nuitée HT par personne, dans la limite du tarif le plus élevé voté |
| Part départementale | Jusqu'à 10 % en supplément, selon les départements |
| Île-de-France | Parts additionnelles spécifiques |
Articles L2333-26 à L2333-47 du CGCT. Données vérifiées en juillet 2026. Le tarif exact applicable est celui voté par votre commune.
À titre de repère, un meublé classé 3 étoiles est plafonné autour de 1,70 € par nuit et par adulte, alors qu'un non classé peut atteindre plus de 5 € dans les communes qui appliquent le taux maximal.
C'est un argument de plus en faveur du classement : au-delà de l'avantage fiscal, il évite à vos clients une taxe sensiblement plus élevée.
Le piège du classement expiré
Un classement vaut cinq ans. À son expiration, votre bien bascule automatiquement en régime proportionnel — sans notification.
Sur un gîte de groupe, l'effet est immédiat : un tarif forfaitaire de 1,70 € qui devient 5 % du prix de la nuitée peut tripler la taxe due, à la charge de vos clients. Vérifiez chaque année la date d'expiration de votre classement.
Qui paie, qui est exonéré
La taxe est due par les occupants majeurs. Sont notamment exonérés :
- Les mineurs de moins de 18 ans
- Les travailleurs saisonniers employés dans la commune
- Les personnes en hébergement d'urgence ou relogement temporaire
Le point est loin d'être anecdotique pour un gîte de groupe : une cousinade de trente personnes compte souvent huit ou dix enfants. Facturer la taxe pour tout le monde revient à réclamer une somme indue.
Certaines communes prévoient aussi une exonération lorsque le loyer est inférieur à un seuil qu'elles fixent. Le motif d'exonération doit être mentionné dans votre registre.
Qui collecte, selon le canal
Sur les plateformes. Depuis 2019, Airbnb, Booking et Abritel collectent et reversent pour votre compte dans les communes concernées. Airbnb le fait automatiquement, Booking propose l'option mais elle doit être activée dans l'extranet, Abritel collecte si le paiement transite par la plateforme.
En réservation directe. C'est entièrement à vous : collecte auprès du client, tenue du registre, reversement à la commune.
Un gîte de groupe se commercialisant beaucoup en direct, cette obligation vous concerne pleinement. Ne partez pas du principe que « c'est géré ».
Le registre du logeur
Sa tenue est obligatoire. Il consigne, pour chaque séjour : les dates d'arrivée et de départ, le nombre de personnes, le nombre de nuitées, le montant perçu, et le motif d'exonération le cas échéant.
Un simple tableur suffit. L'essentiel est qu'il soit à jour et présentable en cas de contrôle. Le reversement s'effectue selon la périodicité fixée par votre commune, généralement trimestrielle ou semestrielle.
En pratique, pour un gîte de groupe
Annoncez la taxe séparément. Un organisateur qui découvre 200 € de taxe au moment du solde le prend mal. Mentionnez-la dès le devis, en précisant qu'elle n'est pas perçue à votre profit.
Demandez le nombre d'adultes et de mineurs au moment de la réservation. C'est indispensable au calcul et cela évite les régularisations.
Vérifiez le tarif voté par votre commune chaque année. Il peut changer, et un tarif obsolète crée un écart avec le montant attendu par la collectivité.
Distinguez la taxe de la caution et du forfait ménage dans votre facturation. La confusion est fréquente et source de litiges.
Checklist de conformité
- Tarif applicable dans votre commune identifié
- Régime vérifié : classé (forfait) ou non classé (pourcentage)
- Date d'expiration du classement notée dans votre agenda
- Registre du logeur en place et tenu à jour
- Nombre d'adultes et de
Questions fréquentes
La taxe de séjour est-elle à ma charge ?
Non. Elle est due par les voyageurs majeurs : vous la collectez en même temps que le loyer puis la reversez intégralement à la commune. Ce n'est ni une recette ni une charge pour vous, contrairement à la CFE qui est un impôt direct sur votre activité.
Comment se calcule la taxe pour un meublé classé ?
Par un tarif forfaitaire lié au nombre d'étoiles, exprimé en euros par adulte et par nuit. Le barème 2026 s'échelonne de 0,20 à 4,90 euros selon la catégorie d'hébergement, chaque commune fixant son tarif dans les fourchettes légales.
Et pour un meublé non classé ?
Un pourcentage compris entre 1 % et 5 % du prix de la nuitée hors taxes par personne, dans la limite du tarif le plus élevé voté par la collectivité. Le montant peut dépasser 5 euros par nuit et par adulte dans les communes appliquant le taux maximal.
Les enfants paient-ils la taxe de séjour ?
Non, les mineurs de moins de 18 ans en sont exonérés. Le point est important pour un gîte de groupe : une cousinade compte souvent huit ou dix enfants, et facturer la taxe pour tous reviendrait à réclamer une somme indue.
Qui collecte la taxe sur les plateformes ?
Depuis 2019, Airbnb, Booking et Abritel collectent et reversent pour le compte de l'hébergeur dans les communes concernées. Airbnb le fait automatiquement, Booking propose l'option mais elle doit être activée dans l'extranet.
Et pour mes réservations directes ?
Tout vous incombe : collecte auprès du client, tenue du registre du logeur et reversement à la commune. Un gîte de groupe se commercialisant beaucoup en direct, cette obligation vous concerne pleinement.
Qu'est-ce que le registre du logeur ?
Un document obligatoire consignant pour chaque séjour les dates d'arrivée et de départ, le nombre de personnes, le nombre de nuitées, le montant perçu et le motif d'exonération éventuel. Un simple tableur suffit s'il est tenu à jour.
Que se passe-t-il si mon classement expire ?
Votre bien bascule automatiquement en régime proportionnel, sans notification. Sur un gîte de groupe, un tarif forfaitaire qui devient un pourcentage peut tripler la taxe due, à la charge de vos clients. Vérifiez chaque année la date d'expiration.
À quelle fréquence faut-il reverser ?
Selon la périodicité fixée par votre commune, généralement trimestrielle ou semestrielle. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre intercommunalité, qui disposent souvent d'une plateforme de télédéclaration.
Faut-il afficher la taxe séparément du prix ?
C'est vivement recommandé. Un organisateur qui découvre 200 euros de taxe au moment du solde le prend mal. Mentionnez-la dès le devis en précisant qu'elle n'est pas perçue à votre profit.
Le classement réduit-il la taxe payée par mes clients ?
Généralement oui. Un meublé classé 3 étoiles est plafonné autour de 1,70 euro par nuit et par adulte, quand un non classé peut dépasser 5 euros. C'est un argument supplémentaire en faveur du classement, au-delà de l'avantage fiscal.
Que risque-t-on en cas de défaut de collecte ?
Le défaut de collecte, de déclaration ou de reversement expose à des sanctions prévues par le code général des collectivités territoriales. L'enregistrement obligatoire des meublés facilite désormais les recoupements par les communes.
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